Engagement dans un hôpital : témoignage d'un astreint aux soins intensifs

Mis à jour le : jeudi, 26 novembre 2020

Face à la deuxième vague de COVID-19, toutes les forces disponibles sont à nouveau mobilisées afin de venir en appui du système de santé et ainsi tenter d’éviter sa saturation. L’un des nombreux rôles de la Protection civile vaudoise est d’assister le personnel hospitalier des soins intensifs, plus particulièrement lors d’une manipulation des patients sous assistance respiratoire nommée « décubitus ventral ». Cette tâche, qui était dévolue aux sections sanitaires de l’Armée durant la première vague, est maintenant confiée à la protection civile.

© Annick Chevillot/Heidi.news

Concrètement, près de 5% des personnes atteintes de la COVID-19 nécessitent une assistance respiratoire, induisant un long séjour en soins intensifs. Ces personnes, présentant un syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA) dû à l’infection, ne peuvent plus respirer par elles-mêmes et doivent être plongées en coma artificiel pour être intubées et ventilées artificiellement. Afin d’accroître la capacité respiratoire par un meilleur déploiement des poumons, le patient sédaté est placé sur le ventre lors d’une manipulation appelée « Décubitus ventral », abrégée « DV ». Cette action nécessite l’appui de quatre astreints de la protection civile afin de déplacer le patient le plus précautionneusement possible.

Rencontre au CHUV avec Patrick, pionnier, qui vient d’effectuer sa première journée de mission DV

Patrick est rattaché à l’ORPC Lavaux-Oron, dans la vie il travaille à son compte comme thérapeute énergéticien. Il a donc l’habitude de travailler avec des patients, y compris des patients en fin de vie.

Lors de cet engagement, il a pour mission de soutenir les infirmiers.ères des soins intensifs secteur COVID dans certaines tâches. En temps normal, chaque infirmier.ère s’occupe en moyenne d’un unique patient. Dans la situation sanitaire actuelle, le ratio est passé à un soignant des soins intensifs en binôme avec un infirmier en renfort pour 3 voire 4 malades. On comprend donc la nécessité d’un appui externe pour pallier à la surcharge de travail.

Concrètement, Patrick et les autres astreints ont pour tâche de tourner les patients intubés dans leur lit. C’est ce qu’on appelle un décubitus ventral (mise du patient sur le ventre). Cette manipulation nécessite 4 astreints, et un.e infirmier.ère à la manœuvre. Chaque patient doit être tourné 2 fois par jour de afin de favoriser l’oxygénation du sang.. Le déplacement inverse est appelé décubitus dorsal (mise du patient sur le dos). De plus, Patrick et ses collègues sont disponibles pour changer les lits des patients afin de soulager le personnel hospitalier. Pour ce faire, Patrick dispose des mêmes directives de protection que le personnel soignant, il doit donc revêtir un équipement spécifique afin de se protéger d’une potentielle infection au contact de patients malades du COVID, voire d’autres maladies (blouse, sur-blouse, masques 3M, gants, lunettes de protection).

Malgré les charges physique et psychologique que cette mission lui impose, Patrick est surmotivé. Il a l’impression de mieux comprendre la situation sanitaire que l’on est en train de vivre. Au-delà du prisme médiatique, il peut se forger son propre avis, au cœur d’une action concrète. Il se sent utile, autant pour décharger le personnel hospitalier et lui permettre de se focaliser sur les actions primordiales, que vis-à-vis des patients dont il faut s’occuper.

Patrick s’est même porté volontaire afin de poursuivre son engagement !

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